lundi 12 mai 2014

Robert Pelletier se joint au Gala de l'Ordre du Bleuet



Robert Pelletier sera Porteur de musique
au 5e Gala honorifique de L'Ordre du Bleuet le 7 juin prochain

Comme nous vous l'avons annoncé plus tôt l'animation musicale du 5e Gala honorifique de l'Ordre du Bleuet sera assumée par le groupe Les porteurs de musique. Malheureusement Vincent Dhavernas ne pourra pas être des nôtres. Fondatrice du groupe, Guylaine Grégoire nous annonce, rien de moins que la présence de Robert Pelletier, récipiendaire du Prix contribution du Conseil régional de la Culture en 2013. L'animation musicale sera donc faite par le trio formé de Guylaine Grégoire, Gabriel Desjardins et Robert Pelletier.

Elle nous dit de lui : Robert Pelletier enseigne la musique au Collège d'Alma depuis plus de trente ans. Il a maintenu une vie musicale active et variée tout au long de cette période comme percussionniste dans les domaines du jazz, du flamenco, de la musique de création et de la musique classique, notamment au sein de l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-St-Jean. Il partage aussi son enseignement au Conservatoire de musique de Saguenay et à l'Université Laval.

Permettez-nous d'ajouter un excellent reportage de Daniel Côté, directeur de la section des arts du Quotidien et Progrès-Dimanche publié le 1er  décembre 2013 sur ce musicien avantageusement connu.

Le Progrès-dimanche
Les Arts, dimanche 1 décembre 2013, p. 32

Robert Pelletier, récipiendaire du Prix Contribution du CRC
Persévérance et constance au diapason

Daniel Côté

Chicoutimi - Deux ou trois fois au cours de l'entrevue, Robert Pelletier affirme qu'il ne regrette pas d'être revenu dans la région à la fin des années 1980, ni d'avoir choisi les percussions pour s'exprimer en tant que musicien. Récipiendaire du Prix Contribution attribué par le Conseil régional de la Culture (CRC), plus tôt cet automne, l'Almatois n'a vraiment rien d'un artiste maudit.

Rencontré mercredi, au Conservatoire de musique de Saguenay, il a accueilli avec modestie le titre qu'on vient de lui accorder. "Ça fait plaisir. J'ai été content lorsque Lucien Frenette (le directeur général du CRC) m'a appris la nouvelle. J'imagine que c'est pour la persévérance, la constance", a commenté celui qui enseigne un jour à Chicoutimi et le reste de la semaine au Collège d'Alma.

Pendant un quart de siècle, Robert Pelletier a formé quelques générations de musiciens, mais on devine que d'autres facteurs ont rendu sa nomination incontournable. On peut penser à ses états de service en tant que musicien, de même qu'à son rôle de catalyseur, d'animateur de la vie culturelle régionale.

Lui-même mentionne spontanément son association avec l'Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui remonte à 1987. Même si d'autres instruments sont plus présents, notamment les violons, il se sent privilégié de participer à tous les concerts grâce à l'omniprésence des timbales.

"Il ne faut pas être dans la lune, par contre. Comme je suis seul dans mon coin, je dois bien compter pour savoir à quel moment il faut que j'intervienne. Quand le chef regarde de mon côté, je dois être prêt", raconte le percussionniste. Ça ne l'empêche pas de savourer le travail des cordes, leur son qui est d'autant plus entêtant que l'interprète se trouve, comme il dit, "au coeur de la marmite".

L'amour du jazz

Robert Pelletier est aussi connu pour son amour du jazz, le genre qu'il apprécie entre tous. Est-ce que ça découle de son enfance, de l'écoute des disques de son père Fernand, qui affectionnait Sinatra? Est-ce la musique entendue avant le début des projections au Cinéma Alma, un établissement que son grand-père Urville-Hilaire, puis son paternel, ont exploité pendant près de 40 ans?

Toujours est-il que la batterie est entrée dans sa vie à l'âge de 13 ans, mais un peu par défaut. Sa véritable ambition consistait à jouer du vibraphone et des marimbas, un apprentissage qu'il a dû reporter jusqu'à son admission au Collège d'Alma en tant qu'étudiant. C'était reculer pour mieux sauter, puisque ces instruments font toujours partie de son quotidien.

Grand amateur de jazz fusion, Robert Pelletier a fait partie de plusieurs groupes souscrivant à cette approche. L'un des premiers fut Brette, dont faisait partie l'un des musiciens de Daniel Lavoie. C'est par son entremise que l'Almatois est entré dans l'orbite du chanteur pendant deux ans, à l'époque de J'ai quitté mon île et de La danse du smatte.
"Sa carrière commençait et on faisait surtout des petites salles. On a ainsi passé un mois à Paris, où on jouait au Petit Montparnasse. Tous les Québécois venaient nous voir", rapporte Robert Pelletier. Il n'en avait pas fini avec la pop, comme en fait foi son travail au sein de Madame. C'est lui qui officiait à la batterie, en 1985, quand le groupe a participé à la finale de l'Empire des futures stars.

"Ça avait été une belle expérience, alors que nous étions opposés à des gens comme Marie-Denise Pelletier et The Box. Il y avait aussi Spa Romance, la formation qui a gagné et la seule qui n'a rien fait", mentionne l'Almatois. Rappelons que l'un des guitaristes de Madame était un autre Jeannois, son ami Roger Boudreault. Encore aujourd'hui, ils collaborent au sein de Vida Flamenca.

Un choix compréhensible

Le jazz n'avait pas dit son dernier mot, cependant. Peu de temps après son retour dans la région, Robert Pelletier a formé le groupe Midi 30, où il est passé du vibraphone à la batterie. Il y a eu d'innombrables spectacles et un album, Horoscophobie, est né grâce à la collaboration du Centre d'expérimentation musicale. Ensuite, les musiciens se sont moins vus en raison de leurs agendas trop chargés.

Ses références en matière de jazz comprennent des formations comme Weather Report et Uzeb, ainsi que le vibraphoniste Gary Burton. Toujours fidèle à ses allégeances, le percussionniste fait maintenant partie d'un quartet baptisé Musique de Jardin. Un deuxième album sera enregistré en janvier, tandis qu'en avril, Robert Pelletier se rendra à la chapelle Saint-Cyriac pour donner un concert en compagnie du pianiste Gabriel Desjardins, du saxophoniste Guy Tremblay et du contrebassiste Mathieu Boily-Tremblay.
"On se connaît tous, mais on n'a jamais joué ensemble. Ce sera donc une vraie rencontre de jazz, alors qu'on fera des compositions et des standards. Ça va donner quelque chose comme du jazz de chambre", anticipe le musicien, heureux d'avoir été invité par le comité responsable des Concerts de la chapelle.

Tous ces spectacles, toutes ces collaborations, forment un ensemble impressionnant, d'autant que la liste n'est pas exhaustive. Il y en aurait pour deux carrières, sans parler de l'enseignement qui demeure au coeur de la vie de Robert Pelletier, ce qui aide à comprendre le choix du CRC.

Loin d'adopter la posture du héros, toutefois, le principal intéressé offre une explication plus amusante, lorsqu'on lui demande pourquoi il est associé à un si grand nombre d'initiatives. "J'ai toujours eu de la misère à dire non", énonce le percussionniste en esquissant un sourire.


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